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Barcelone, mon amour

Quand on débarque dans une nouveau pays, on prend beaucoup de plaisir, tout est nouveau : nouveau style de vie, rythme de vie, nouveaux paysages (la mer, alors que je viens de la montagne), de nouveaux amis, de nouvelles activités, le plaisir de raconter son histoire et le plaisir d’etre enviée d’avoir eu le courage de partir seule vers de nouveaux horizons… Ha ça oui, on est enviés, nous, les expats ! Sans parler du fait de partir à 22 ans en étant étudiante : on rencontre plein de monde venu des 4 coins du monde justement, on échange, on apprend beaucoup, on s’enrichit énormément, on découvre d’intéressantes différences, on fait aussi beaucoup la fete, mais on s’en fout, parce qu’on est encore super insouciants ! Bref, découvrir un nouveau pays, ses habitants, ses autres expatriés, ses coutumes, sa culture, etc… est vraiment quelque chose d’exceptionnel que je conseille vraiment à tout le monde. Les étudiants ont la possibilité de profiter des programmes d’échange Erasmus (ce que j’ai fait) et bien : PROFITEZ-EN !!! Vraiment !

Il parait qu’il y a un cap à franchir aux 5 ans d’expatriation : à la fois un constat et chose dont j’ai souvent eu l’occasion de discuter avec d’autres expats. En effet, j’ai le sentiment qu’à ce stade quelque chose de crucial se joue. On ne se dit pas forcément et immédiatement que l’on veut rentrer. On commence à ressentir le besoin de se retrouver avec les « siens », avec ceux de sa propre communauté. Les français et francophones évités comme la peste durant les premières années, deviennent soudain une quête, un besoin. Besoin de parler de ce qui nous manque, de se refiler les bons tuyaux d’expats, les endroits sympas où se retrouver entre français, où et comment se procurer les produits français introuvables à 200 kilomètres seulement de la frontière, besoin de comparer les bons et les mauvais cotés de ce pays d’accueil avec le notre, etc… On se trouve une nouvelle famille en quelques sortes.
Puis, au bout de quelques temps, je ne veux pas généraliser donc je vais parler à la première personne, tout cela ne m’a plus suffit. J’ai commencé à vraiment ressentir une espèce de décalage dans l’évolution de mes amis, restés en France. Alors qu’ici à Barcelone, il est difficile de se construire une bonne situation (à cause d’une certaine instabilité ambiante à plusieurs niveaux : les amis qui nous quittent, d’autres qui arrivent, instabilité au niveau de l’emploi, les faibles salaires, les loyers hors de prix qui poussent à vivre pendant plusieurs années en colocation, etc…), j’ai vu mes amis de France s’élever professionnellement (alors que nous sommes issus de la même formation), puis ils se sont mariés, investis dans des appartements ou fait construire, puis est arrivée la période des bébés ! Alors que moi je rame toujours autant pour boucler ma fin de mois et payer mon loyer en temps et en heure !

Je ne vais pas m’attarder davantage sur les raisons qui me poussent aujourd’hui à renoncer à mon expatriation, car mon expérience n’est pas à généraliser, ou peut être qu’elle l’est, mais tous ne l’abordons pas de la même façon et tous ne parvenons pas forcément à la dépasser.

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2 comments on “Barcelone, mon amour

  1. Mariposa
    30 juin 2010 à 15 h 34 min

    c’est vrai que c’est quelque chose que j’ai remarqué aussi, cette instabilité des jeunes au niveau de l’emploi, du logement, amoureusement aussi.

    • unesourisjaune
      30 juin 2010 à 15 h 45 min

      J’ai un peu de mal à savoir pourquoi il y a tant de différence à ce niveau-là… les revenus sont beaucoup plus bas, alors que les loyers sont très chers, déjà ça n’aide pas vraiment.
      Les espagnols quittent le foyer familial en moyenne à 30 ans… il faut le savoir !

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